lundi 18 avril 2011

Pakistan - Bahrein même combat contre l''arc Chïite

Pour contrer l'Iran, les pays du Golfe ont trouvé un nouveau champion : le Pakistan. En proie à une grave crise politique menaçant son intégrité territoriale et nationale, confronté à une guerre sans fin en Afghanistan et absorbé par des relations plus que compliquées avec le voisin indien, celui-ci s'embarque dans une nouvelle aventure : sauver le monde sunnite fragilisé par les révolutions arabes que l'Iran tente sournoisement d'exploiter pour renforcer l'arc chiite.
À vrai dire, sans même monter sur les grands chevaux de la cause sunnite, Islamabad a des intérêts très prosaïques à défendre dans les pays du Golfe : les Pakistanais fournissent un gros contingent des travailleurs étrangers dans la région. À Bahreïn, pays en proie à un fort mouvement de contestation, des attaques, menaces et même quelques assassinats de ressortissants pakistanais terrorisent cette communauté qui compte plus de 50.000 personnes. Ils sont nombreux aussi à Dubaï et au Koweït, et l'argent qu'ils envoient à leur famille est essentiel pour l'économie pakistanaise. Tout cela évoque le souvenir douloureux de la guerre du Golfe en 1991. Pour Islamabad, la perspective d'un retour précipité de plusieurs centaines de milliers d'hommes et l'arrêt brutal de transferts monétaires est un cauchemar.
Aussi compréhensibles que soient ces craintes et la volonté du Pakistan de maintenir l'ordre dans cette région, la réaction surprend par son ampleur.
Depuis plusieurs semaines, la Fondation Fauji - à l'origine une association caritative devenue un acteur majeur de l'économie pakistanaise - mène une campagne publicitaire visant à recruter d'anciens militaires pour intégrer la Garde nationale de Bahreïn. Proche de l'armée et dirigée par d'anciens officiers, la Fondation propose aux candidats des salaires faramineux allant jusqu'à 1200 dollars, soit cinq à six fois la rémunération d'un lieutenant d'active ! Les Chiites qui représentent 20 % des Pakistanais ne peuvent bénéficier de cette offre généreuse, le recrutement étant réservé non seulement aux Sunnites mais aussi à quelques clans considérés comme sûrs.
Mais ce n'est pas tout. L'armée a mis deux divisions en alerte, dans l'éventualité d'un départ immédiat vers la monarchie sunnite menacée par une révolte de la majorité chiite. Autant dire que l'intérêt d'Islamabad va largement au-delà de la volonté de protéger ses ressortissants menacés. En clair, le Pakistan a choisi son camp. Face à l'Iran, il entend sauver l'équilibre géostratégique actuel dans la région, c'est-à-dire la domination des monarchies sunnites. Cette politique a évidemment son volet intérieur : face à ses propres radicaux, le régime d'Islamabad se positionne comme un champion de l'islam sunnite, voire, comme le protecteur de La Mecque - plus musulman que les Talibans.
Cette ligne a une conséquence évidente qui est de creuser l'antagonisme avec le principal « challenger » de l'ordre régional, l'Iran. Qui n'a pas attendu une déclaration officielle d'Islamabad pour désigner l'ennemi.
Les Iraniens ne sont pas les instigateurs de la contestation dans le monde arabe en général et à Bahreïn en particulier : comme tout le monde, ils ont été pris de court par les événements. Mais ils entendent bien en tirer le plus grand bénéfice possible. Ils ont déjà marqué des points en Egypte, comme en témoigne l'évolution stratégique de cet ancien allié d'Israël qui a clairement manifesté sa volonté de s'éloigner de l'Etat hébreu. Téhéran aimerait bien, maintenant, saisir l'occasion inespérée qu'est le « printemps arabe » pour déstabiliser la péninsule arabique, perturbée par les mouvements de contestation au Yémen et à Bahreïn.
Pour l'Iran, Bahreïn est une cible de choix. Principale base de la Cinquième flotte américaine, ce micro-pays compte un million d'habitants, majoritairement chiites, et dont seulement 60 % sont ses ressortissants. Or, si les Chiites ne représentent que 7 % de la population d'Arabie saoudite, soit 2 millions sur 27 millions d'habitants, ils sont majoritaires dans la zone orientale frontalière de Bahreïn. Au grand dam de Riyad, cette région est particulièrement riche en pétrole. On imagine aisément le scénario noir que les Saoudiens veulent à tout prix éviter : une démocratisation de Bahreïn amènerait les Chiites au pouvoir, ce qui pourrait donner des idées à leurs coreligionnaires de l'autre côté de la frontière et se traduire par une insurrection au milieu des puits d'or noir.
Un peu trop chatouilleux sur les Droits de l'homme, les Etats-Unis ne sont plus considérés par la monarchie saoudienne comme des alliés très sûrs. Riyad a tiré les leçons des infortunes de Ben Ali et Moubarak et ne se fait guère d'illusions sur l'amitié de Washington. Les princes saoudiens préfèrent des partenaires un peu moins idéalistes et capables d'évaluer froidement les enjeux géostratégiques et les rapports de forces : des Nixon ou des De Gaulle plutôt que des Obama, des Cameron et autres Sarkozy. Dans ces conditions, la carte pakistanaise peut être un atout majeur pour l'Arabie saoudite. On pourrait paraphraser la dernière réplique de Casablanca : c'est peut-être le début d'une grande amitié...
http://www.causeur.fr/face-a-l%E2%80%99arc-chiite-un-croissant-sunnite,9433

jeudi 14 avril 2011

Défense du patrimoine culturel

La défense du patrimoine culturel est, également, un des domaines qui intéresse les auditeurs de l'IHEDN. Ils seront donc ravis d'apprendre que le musée d'Orsay a acheté "Le Cercle de la rue Royale" de James Tissot classé "Monument historique" (Décret du 3 septembre 1998) grâce aux bénéfice de l'exposition Monet comme le révèle "La Tribune de l'Art" (http://www.latribunedelart.com/acquisition-par-orsay-du-i-cercle-de-la-rue-royale-i-de-james-tissot-article003079.html)

mardi 5 avril 2011

Bure et risques épidémiques en Meuse

Cette petite information, pêché dans l’Est-Républicain de ce jour, qui intéressera les Lorrains et ceux qui sont concernés, de près ou de loin, par le laboratoire de Bure….

« Risques étudiés pendant un an
L’Institut de veille sanitaire présentera jeudi (20 h) à Montier-en-Der (auditorium de la Halle aux blés) une enquête épidémiologique sur les populations résidant à proximité du centre de stockage de déchets nucléaires que gère depuis vingt ans l’Andra. »
http://www.estrepublicain.fr/fr/24-heures-meuse/info/4882302-Risques-etudies-pendant-un-an

samedi 2 avril 2011

Des Gendarmes mobiles en LIBYE

Libye : Les gendarmes mobiles du GIGN parachutés à la mer pour assurer la
protection de l'"ambassadeur" français

Une équipe de gendarmes mobiles du GIGN a été parachutée à la mer samedi soir avant de rejoindre Benghazi. Cet élément précurseur impliquant moins d'une dizaine de gendarmes mobiles devait reconnaitre le terrain avant l'arrivée dans la "capitale" des insurgés libyens du "responsable diplomatique", Antoine Sivan,dépêché par le Quai d'Orsay auprès du conseil national de transition.

L'opération a été décidée par l'Elysée. Les gendarmes mobiles du GIGN ont été largués à la mer par un avion de l'armée de l'air à proximité de la frégate Aconit qui croisait au large des côtes de Cyrénaïque. Ils ont été ensuite transférés vers Benghazi grâce à des moyens spéciaux mis en place par la France.

D'autres gendarmes mobiles sont arrivés mardi avec le diplomate et ont retrouvés leurs camarades, ainsi que leur armement. Il y a quelques semaines, des gendarmes mobiles du GIGN qui devaient participer à la sécurisation d'une antenne chirurgicale française au Caire avaient été refoulés à l'aéroport par les Egyptiens, qui ne souhaitaient pas les laisser entrer sur leur territoire avec leurs armes. Cette fois-ci, la France a pris les grands moyens, en organisant une opération "tarpon" (saut à la mer puis récupération par un bateau en vue d'une mission).

jeudi 31 mars 2011

Les réserves civiles et militaires et l'intervention lors des Crises nationales

« Des sénateurs s'inquiètent des carences dans la réactivité des forces de réserve civile et militaire. Dans un rapport rédigé après plus de six mois d'audition et d'enquête, les sénateurs Joëlle Garriaud-Maylam (UMP) et Michel Boutant (PS) ont conclu que l'organisation actuelle des réserves militaires et civiles ne leur permettait pas d'être pleinement opérationnelles en cas de crise majeure. Ils ont donc élaboré une proposition de loi conjointe qui prévoit des mesures pour préparer la France "à faire face à des crises de toute nature, d'ordre militaire, sécuritaire ou sanitaire, des crises liées à des catastrophes naturelles ou technologiques. Voire les deux, comme c'est le cas actuellement au Japon". Le Sénat devrait voter ce texte, mercredi 30 mars.

"Le pire n'est jamais sûr mais il est du devoir des pouvoirs publics de se préparer au pire" a prévenu M. Boutant. Le texte crée un dispositif de mobilisation des réserves appelé "réserve de sécurité nationale" en cas de crise majeure "dont l'ampleur met en péril la continuité des services de l'Etat, la sécurité de la population ou la capacité de survie de la nation".

C'est le premier ministre qui par décret recourt à la réserve. Les réservistes sont alors dans l'obligation de rejoindre leur affectation sous peine d'amende. Les réservistes employés dans une entreprise d'importance vitale pour le fonctionnement du pays peuvent déroger à cette obligation. Ces réservistes seront protégés juridiquement ne pouvant par exemple être licenciés pour absence.

La France possède plusieurs types de réserves : la "réserve militaire" (plus de 60 000 hommes, ex-militaires ou gendarmes, volontaires civils), la "réserve de la police nationale" (plus de 4 000 hommes, ex-policiers et volontaires civils), la "réserve sanitaire", encore embryonnaire, composée de professionnels de santé retraités et d'étudiants, la "réserve pénitentiaire" en cours de formation, des "réserves communales de sécurité civile" (2 100 bénévoles non rémunérés) créées par des conseils municipaux.

Actuellement seule la mobilisation générale autorise la convocation des réservistes. Rien n'est prévu en cas d'état d'urgence ou de siège. Par ailleurs l'organisation actuelle ne permet pas une mobilisation rapide des réservistes. Ainsi dans les armées, le réserviste doit prévenir son employeur de son absence avec un préavis d'un mois pour les militaires et deux mois pour la police. Le texte ne touche toutefois pas à la gestion ordinaire des réserves mais s'attache uniquement à créer un régime spécifique en cas de crise majeure. »

http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/03/30/le-senat-veut-rendre-les-reservistes-operationnels-en-cas-de-crise-majeure_1500952_3224.html#xtor=RSS-3208

Le rapport est ici : http://www.senat.fr/rap/r10-174/r10-174.html

mercredi 23 mars 2011

Lettre de l’ASAF 11/03

Lettre de l’ASAF 11/03


« Ne pas subir »
(Maréchal Jean de Lattre de Tassigny)



L’armée et la politique de la France



Au moment où la France engage son armée en Libye, nos pensées vont vers tous les militaires qui à l’étranger servent avec courage, compétence et détermination les intérêts supérieurs de la Nation. Ils sont aujourd’hui, plus que jamais, l’honneur de la France.

En voyant aujourd’hui les avions français en mission au dessus de Benghazi, comme le sont depuis des années nos soldats, marins et aviateurs en opération en Afghanistan, dans l’Océan indien, au Liban et en Afrique, on ne peut s’empêcher de rappeler les nombreuses coupes effectuées dans les budgets de la Défense depuis trois décennies. Elles ont privé nos armées de capacités qui font défaut aujourd’hui et elles ont considérablement amoindri notre potentiel de combat. Le payerons-nous au prix du sang ?

Aujourd’hui n’y a-t-il pas comme une incohérence dans une relance de la diplomatie française en s’appuyant sur des atouts militaires que les responsables politiques ont contribué à rétrécir dangereusement ? Car, ne nous y trompons pas, si le conflit durait nous aurions bien du mal à soutenir ce rythme.

C’est dans ces circonstances où la France joue sa crédibilité sur la scène internationale que nous mesurons les conséquences de décisions à courte vue, notamment celle qui a conduit la réduction de moitié du budget de la Défense au nom des dividendes de la paix. De quel poids peut peser une Nation comme la France, membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, si elle ne possède pas un ensemble cohérent et puissant de capacités militaires ?

On comprend bien pourtant que les opérations en cours exigent des équipements militaires extrêmement complexes à mettre en œuvre : moyens de renseignement, systèmes d’armes, réseaux de commandement et de transmission, dispositif logistique en particulier. Or la mise en condition des forces armées pour de tels engagements nécessite des crédits pour développer et acquérir en nombre suffisant des matériels performants, mais également du temps et beaucoup d’entraînement pour remplir avec succès la mission dans des zones souvent inconnues et des conditions toujours difficiles.

N’en déplaise aux technocrates irresponsables, l’armée n’est pas une « vaste entreprise » et son organisation comme son fonctionnement n’ont rien à voir avec ceux des groupes industriels ou commerciaux. Sa finalité n’est pas la leur ; elle doit être capable d’agir sur court préavis, n’importe où dans le monde avec ses propres moyens pour mener des actions de guerre. On est bien loin des problèmes à résoudre par les multinationales…

La France, malgré les contraintes financières du moment, doit redresser d’urgence la courbe de l’évolution de son budget militaire et réinvestir dans sa Défense pour retrouver des capacités opérationnelles cohérentes avec la politique qu’elle conduit et ses ambitions légitimes.
A l’aune de la multiplicité des menaces et de leur diversité croissante, c’est un impératif absolu.

Notre nouveau Ministre saura-t-il abandonner cette réforme dévastatrice dite « des bases de défense » qui vise avant tout à rogner des effectifs en s’inspirant des méthodes de management des grands entreprises dont les contraintes n’ont rien à voir avec celles d’une armée en opération ?

Il serait désastreux pour la France que sa stratégie militaire et les moyens militaires dont elle dispose ne soient plus en mesure d’appuyer sa politique étrangère, comme ce fut dramatiquement le cas en 1939. Il y a en effet un paradoxe grave à diminuer drastiquement les effectifs des armées (plus de 50 000 hommes soit 15% du total, mais 25% dans l’armée de l’air) au moment où la France cherche à être présente diplomatiquement, donc militairement, dans toutes les zones de crises.
Dans un tout autre registre, le Japon fournit un bel exemple de ce à quoi peuvent aussi servir les armées dans une catastrophe qui est, à cet égard, une véritable surprise stratégique. Dans l’urgence et le chaos, les forces d’auto-défense ont assuré le déploiement rapide de moyens de détection, de secours, de recherche, de transport en complément des moyens civils existants.

L’armée, grâce à sa disponibilité permanente, à la diversité et à la puissance de ses équipements, à son aptitude à agir en toute autonomie et à son expérience très riche de nombreux types de crises, doit demeurer au cœur des préoccupations de la Nation.



Association de Soutien à l’Armée Française (ASAF) : 18 rue de Vézelay - 75008 Paris Contact : secretariat@asafrance.fr
Site :www.asafrance.fr

jeudi 10 mars 2011

Internet, cables sous-marins et défense.

La plupart des gens pensent que les télécommunications intercontinentales passent par des satellites. La réalité est autre, le gros du trafic est acheminé par câbles sous-marin pour quatre raisons :



1. Les ressources radio pour la transmission par satellite sont limitées et ne suffisent pas à acheminer l’ensemble du trafic.

2. Le délai de transmission est bien plus rapide par câble sous-marins (la fibre optique permet des temps de latence de l’ordre d’une centaine de milliseconde alors que le temps de latence, via un satellite géostationnaire est de l’ordre de plusieurs centaines de millisecondes…).

3. la transmission par satellite, qui nécessite des antennes et des paraboles, est particulièrement sensible aux perturbations atmosphériques majeures et en particulier aux orages et aux cyclones. Le câble, totalement insensible aux perturbations électromagnétiques et protégé dans les fonds sous-marins, permet d'assurer la permanence et la qualité des transmissions, notamment internationales, dans ces périodes difficiles où les communications sont cruciales.

4. Le coût d’acheminement est bien moins élevé d’autant que la durée de vie d’un câble sous-marin est de 25 ans contre 15 ans pour un satellite.



La carte interactive, dont le lien est donné ci-dessous, permet de se rendre compte de la réalité « physique » du réseau… Zoomez sur Marseille et vous constaterez que 8 câbles, dont EIG (European India Gateway), atterrissent dans cette ville… Prenez une vue globale et vous serez frappé par le fait que le réseau de câble passe par les détroits, les canaux…La cyber-guerre rejoint la « vraie vie » !



http://www.cablemap.info/